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Publié par Sansagences sur 2 octobre 2026
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Marché & tendances Septembre 2026 · 6 min de lecture

Vers des taux à 4 % : ce que ça changerait pour
la capacité d'emprunt des acheteurs

Non, les crédits immobiliers ne sont pas à 4 % aujourd'hui. Mais la tendance de ces derniers mois dessine clairement cette direction d'ici la fin de l'année. Une évolution qui ne concerne pas que les acheteurs : elle changerait directement ce qu'ils peuvent vous proposer pour votre bien.

Depuis le début de l'année 2026, les taux de crédit immobilier suivent une tendance haussière progressive, mois après mois. À ce jour, les meilleurs taux sur 25 ans tournent encore autour de 3,6 %. On est donc proche du seuil des 4 %, mais pas encore dessus. Après un printemps plutôt optimiste pour les emprunteurs, les tensions internationales de la rentrée ont changé la donne : plusieurs observateurs du secteur jugent désormais crédible un franchissement de ce seuil d'ici décembre, en particulier sur les prêts à 25 ans.

L'indicateur que surveillent les banques

4,65 %

niveau de l'OAT à 10 ans fin septembre 2026

C'est le taux auquel la France elle-même emprunte sur les marchés — la référence sur laquelle les banques calent une bonne partie de leurs propres barèmes de crédit.

Pourquoi cette hausse se confirme maintenant

Pour se financer, les banques empruntent elles-mêmes sur les marchés, à un coût proche de cette référence. Quand leur propre facture augmente, elles ont naturellement tendance à ajuster leurs taux pour préserver leur marge. Plusieurs facteurs alimentent la tension actuelle : les tensions géopolitiques qui pèsent sur le prix du pétrole et relancent l'inflation, un ralentissement de la croissance en Europe, et l'incertitude politique outre-Atlantique à l'approche d'échéances électorales.

Bonne nouvelle relative : les banques ne se basent pas uniquement sur ce seul indicateur — leur marge commerciale et le profil de risque du client entrent aussi en compte. C'est pourquoi la hausse touche en premier lieu les profils jugés plus risqués : les emprunts sur les durées les plus longues et les revenus les plus modestes. Deux rendez-vous sont à surveiller d'ici la fin de l'année du côté de la Banque centrale européenne, ainsi que les débats budgétaires nationaux, qui pourraient chacun influencer la suite.

DuréeSept. 2025Sept. 2026
15 ans3,12 %3,43 %
20 ans3,23 %3,54 %
25 ans3,33 %3,61 %

Ce que ça donne en pouvoir d'achat, concrètement

Exemple : budget de 1 500 €/mois sur 25 ans, hors assurance et frais

Sept. 2025

305 200 €

à 3,33 %

Sept. 2026

296 100 €

à 3,61 %

Déc. 2026 (projection)

284 200 €

à 4 %

Ce que ça change pour vous, vendeur

Sur cet exemple, la capacité d'emprunt perd environ 21 000 € entre septembre 2025 et la projection de décembre 2026 — l'équivalent de quelques mètres carrés selon les villes. Pour vous, ça se traduit concrètement par des acheteurs qui doivent revoir leurs critères, augmenter leur apport, ou ajuster leur budget maximal à la baisse. Un bien qui trouvait preneur facilement il y a un an peut aujourd'hui toucher un public légèrement plus restreint, à prix affiché identique.

📈

Une hausse à relativiser

Un taux à 4 % n'a rien d'inédit dans l'histoire du crédit immobilier français : les taux ont dépassé 5 % au début des années 2000 et en 2008, sont redescendus autour de 1 % en 2020-2021, avant de repasser au-dessus de 4 % dès 2023. Ces cycles suivent le contexte économique et géopolitique — ils ne sont ni nouveaux, ni figés dans le temps.

Ce qui reste possible malgré la hausse

Pour vos acheteurs comme pour votre propre projet

✓
Les banques doivent encore atteindre leurs objectifs annuels de production de crédit — elles restent prêtes à faire des efforts sur les profils stables et les primo-accédants.
✓
Comparer plusieurs établissements et faire jouer la concurrence reste le meilleur levier pour obtenir une offre ciblée plutôt que le taux moyen du marché.
✓
Un apport solide et un dossier bien préparé continuent de peser dans la négociation du taux, quelle que soit la tendance générale.
✓
Les échéances politiques à venir pourraient encore faire bouger les lignes — un acheteur qui signe aujourd'hui à un taux plus élevé garde la possibilité de renégocier plus tard si les taux redescendent.

La tendance haussière des taux ne change rien à la valeur de votre bien, mais elle change le budget avec lequel vos acheteurs abordent leur projet. Garder cette donnée en tête — sans en faire une source d'inquiétude — permet d'ajuster votre stratégie de vente en connaissance de cause, plutôt que de découvrir l'impact au moment de la négociation.

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